Le stress : utile ou inutile?

Tous les stress sont-ils égaux ?

Il y a différents types de stress. Il y a « le bon stress », le stress inévitable, le stress inutile et même le stress utile. Mais souvent, quand on parle de stress, on veut parler du stress inutile : celui qui nous empêche de dormir et qui est causé par un sentiment d’impuissance.

Un définition tirée du site Psychologies :

« Initialement, le stress a été défini comme une réponse physiologique de l’organisme à une situation épuisante, dangereuse ou angoissante. Le corps produit alors des hormones spécifiques. Cette notion a été ultérieurement étendue à tout état de perturbation provoqué par la confrontation avec un danger, une menace physique ou psychique, un environnement difficile. On parle du stress d’un examen, d’une rupture sentimentale, d’une compétition, d’un accident, du bruit ou de la pollution. A priori, cet état n’a rien de pathologique. »

Pas facile de se débarrasser du stress, d’autant plus que certains sont inévitables, comme celui qui nous fait nous lever en pleine nuit pour s’occuper d’un bébé qui pleure. Cette sorte de stress a un sens : on peut l’accepter et passer à l’action sans trop maugréer et du coup être moins stressé (si on n’en rajoute pas en râlant, et en refusant d’accepter la situation).

Une amie à moi utilise l’expression « bon stress » qui, pour elle, signifie une certaine tension vers un but. Au fond, c’est lorsque notre corps se met en branle et que nous agissons, ce qui est à l’opposé de l’expérience qu’on vit quand notre corps se détend, que nous sommeillons, puis que nous nous endormons. Avez-vous déjà essayer de vous endormir lorsque vous étiez stressé et tendu? Impossible. On ne peut être que dans l’un ou l’autre mais les deux sont essentiels. Dans certains cas, le stress est donc nécessaire.

Mais dans certains cas, voire trop souvent, notre corps se met en état de stress, donc en branle, mais il n’y a pas d’action. Et pire: on agit de manière stressée et tendue alors qu’on pourrait très bien ne pas l’être. On produit de l’hormone de stress, mais inutilement. C’est très nocif si on se retrouve souvent dans cet état. En français québecois, on dit : « On shire de tsour », comme une auto dont les roues tournent à toute allure sur la glace en hiver, mais sans réussir à faire avancer le véhicule.

Comment diminuer, voire éviter ce stress inutile dont on peut se passer

  1. Être davantage ponctuel. Ça m’évite de m’énerver par crainte d’être en retard et de manquer un rendez-vous. Ça peut même me mettre en danger ou menacer les autres à cause de ma façon de conduire. Pour moi, le truc c’est de calculer le temps nécessaire pour me rendre à un rendez-vous et d’ajouter 10 à 15 minutes.
  2. Ne pas faire deux choses à la fois. Pour les hommes, ça devrait être plus facile ;-). Par exemple, être présent à l’action de manger. Quand je mange, je ne lis pas en même temps : je m’assois et j’essaie d’être pleinement présent à ce que je fais.
  3. Planifier, planifier, planifier. Il est rare qu’on planifie trop, c’est plutôt l’inverse. Par exemple, en planifiant mes déplacements et en les regroupant, je sauve du temps qui me permet de les faire de manière plus posée. Ou alors, quand je veux faire  une modification à une pièce, construire un petit meuble, installer des tablettes, je me fais un plan à l’échelle avant. Cela me permet de faire une simulation du projet et d’identifier des difficultés potentielles, les impossibilités et les matériaux nécessaires.
  4. Dresser une liste d’achats au fur et à mesure qu’un besoin est identifié. Je fais cela depuis l’âge de 28 ans et depuis, il me manque rarement quelque chose à la maison. C’est d’autant plus facile maintenant, car grâce à mon téléphone intelligent, j’ai toujours un carnet de notes qui peut contenir plusieurs listes distinctes. Je peux procéder aux achats quand je passe près d’un des magasins concernés.
  5. Dresser régulièrement une liste de ce que j’ai à faire chaque jour. J’identifie ce qui est important, urgent et surtout je récupère dans les listes passées ce que je n’ai pas fait pour les inclure sur la liste à jour. Je prends le temps d’identifier  ce qui doit être fait aujourd’hui et dans quel ordre. C’est la liste que j’appelle TOut DOux. Généralement, dresser ces listes me calme : je vois plus clair dans la planification de ma journée et je peux cesser de penser à ce que j’ai à faire, car j’y ai consacré un moment privilégié en début de journée. Mais surtout, j’y pense moins et j’ai un programme pour la journée. Je saute moins sur l’activité qui me vient à l’esprit sur le moment, donc moins de gestes impulsifs, moins de procrastination.
  6. Pendre un moment pour méditer quand on se sent dépassé, débordé, qu’on panique. Un ami qui a bien de la difficulté à méditer m’a dit avoir trouvé un moment idéal pour le faire. Particulièrement au travail, quand il se sent dépassé, débordé, il arrête tout complètement. Il ferme les yeux et se centre sur sa respiration pendant plusieurs minutes.
  7. Éviter de me débarrasser de tâches en tentant de les terminer à toute allure en maugréant, en étant de mauvaise humeur.
  8. Méditer m’apprend à être en contact amical et bienveillant avec moi-même. Pour ne pas me critiquer, j’essaie de me traiter avec douceur. Je ne me donne pas de coup de pied au derrière, mais parfois je peux me dire gentiment : « fais encore un petit effort ».
  9. Méditer m’apprend également que je vis passablement de stress inutile en étant emporté par le flot de mes pensées constantes. Quand je suis constamment préoccupé, car c’est bien comme ça que nous sommes, mon cerveau fait croire à mon corps que je suis en danger et ce dernier le croit et produit des hormones de stress, ce qui est inutile.
  10. Quand je le peux, m’arrêter. Quand je suis fatigué, faire  une courte sieste ou simplement m’étendre et me détendre. Au travail, il est possible de faire une marche pendant la pause-café, ou durant la période de dîner. Pas le temps ? Alors, penser à tous ceux qui sortent à l’extérieur pour fumer… je peux bien sortir pour m’aérer l’esprit.
  11. Se demander si c’est nécessaire de faire un chose qu’on déteste faire ? Est-ce utile ? Est-ce que ça a un sens ? Est-ce que je peux ne pas faire cette tâche ? Est-ce que j’ai de la difficulté à dire non ? La prochaine fois que ça se présentera, puis-je faire autrement ?
  12. Si une tâche est importante et inévitable et que le désir de procrastiner est fort, commencer par travailler 10 minutes au moins. Si c’est une tâche qui a une certaine complexité, je commence par réfléchir aux sous-tâches et à l’ordre dans lequel je dois procéder. Par exemple, pour faire mon impôt, je dois avoir un certain nombre de documents en main et je commence par vérifier cela : ai-je les formulaires, les guides, les reçus et avis ? Si l’activité me répugne, me fait peur et que le danger est grand que je procrastine, je me contente dans une première journée d’avoir les formulaires et les guides. Ainsi, j’ai commencé, et le lendemain je n’ai qu’à continuer. Quand quelque chose est remis de jour en jour, appliquer le principe de commencer le plus rapidement possible car le simple fait de commencer est souvent magique.
  13. Avoir un peu plus d’ordre. Par exemple, dans le cas de l’impôt, j’ai utilisé pendant des années la technique du « foutoir » : j’ai mis systématiquement tous mes documents relatifs à l’impôt en un seul endroit, mais sans ordre précis. C’était déjà bien, j’avais tous les documents, mais il me fallait les trier. Ce n’est qu’après plusieurs années que j’ai développé un système de classification et trié mes documents pour l’impôt en sous-catégorie au fur et à mesure de leur réception, mais il n’est pas toujours nécessaire de procéder ainsi.
  14. Sur réception d’une lettre, l’ouvrir tout de suite et la traiter sur le champ : à jeter, à ranger, à mettre sur la pile « à faire ». Pour les courriers électroniques, comme on en reçoit constamment, il ne faut pas procéder ainsi, mais se réserver quelques moments dans la journée pour les traiter.
  15. À méditer dans l’action : « Si vous n’êtes pas dans l’acceptation, le plaisir ou l’enthousiasme, observez bien et vous constaterez que vous créez de la souffrance pour vous et pour les autres. » (Eckart Tolle ; pour en savoir plus sur les trois modalités de l’action éveillée).

Comment transformer un stress inutile en stress utile

Le stress et l’anxiété dans une situation présente bien concrète peuvent constituer des émotions bénéfiques à notre survie. C’est l’avis de James Clear, qui a écrit un article sur le sujet (en anglais). Il nous donne l’exemple d’une girafe, si elle n’a pas mangé depuis une journée, si un prédateur surgit ou si elle a une grande soif, il est important que toute son attention et son énergie soient mobilisées pour résoudre un de ces problèmes immédiats. Et le stress, l’anxiété génèrent alors des émotions utiles.

James Clear nous rappelle que notre cerveau d’homo sapiens sapiens date d’environ 200 000 ans, à une époque où notre environnement nous récompensait de façon immédiate. Cependant, depuis à peine quelques centaines d’années, nous sommes passés à un environnement où la récompense est décalée dans le temps et n’est pas garantie ; par exemple : j’étudie afin d’avoir un bon emploi, j’investis pour plus tard. Cette incertitude crée un stress certain, car les résultats attendus ne sont pas garantis. James Clear suggère de diminuer notre stress et notre incertitude en transformant une préoccupation à long terme pour en faire une préoccupation à court terme.  Cette transformation est bénéfique : au lieu de me demander si je vais vivre longtemps, me demander si j’ai fais une marche aujourd’hui ; de même, au lieu de m’inquiéter si mon enfant fera des études supérieures, me demander combien de temps il a étudié aujourd’hui.

Un exemple tiré de mon expérience :  je m’efforce de marcher au moins 20 minutes par jour et non seulement je me sens mieux lorsque j’ai mis en pratique ma résolution, mais la marche me fait du bien immédiatement. Je stresse plutôt sur faire ma marche quotidienne, faire ma séance de yoga matinale et mon stress se change en satisfaction et en bien-être.  Plusieurs des éléments de la longue liste plus haut concernent une telle transmutation bénéfique : un stress quant à l’avenir lointain transformé en stress aujourd’hui sur lequel je peux agir.

Articles d’intérêt cités

Être davantage ponctuel.

Éviter de me débarrasser de tâches en tentant de les terminer à toute allure en maugréant.

Méditer m’apprend à être en contact amical et bienveillant avec moi-même.

Pour en savoir plus sur les trois modalités de l’action éveillée par Eckart Tolle.

The evolution of anxiety: Why We Worry and What to Do About It (en anglais)


Si vous avez deux minutes, partagez-nous ce que vous faites pour éviter le stress inutile ou ce que vous avez à améliorer dans ce domaine : laisser un commentaire en cliquant sur le bouton correspondant au début de l’article sur le site Web de mon blogue. Dans mon cas, je ne prends pas suffisamment de temps pour me détendre, jouir de la vie et m’amuser. C’est difficile pour moi. Je reste donc trop longtemps dans la tension nécessaire au travail et après un certain temps, je deviens irascible et impatient. Le stress peut déborder même s’il est léger : c’est l’accumulation qui est nocive.

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